Voici à nouveau le président Macron chef de guerre, il en appelle à la « mobilisation » du pays sur le front de la « sobriété. » Mais c’est quoi la sobriété selon l’Élysée ?

 

Le ministre des Transports et de la Transition énergétique, Clément Beaune, a fort bien expliqué le 6 septembre que pour son ministère « La sobriété n’est pas moins de transport et moins de mobilité », car « la réduction d’activités n’est pas un scénario que nous demanderons au secteur des transports. » La réponse d’Air France vaut de l’or pour devenir sobre en énergie, tout en misant sur une augmentation du nombre de ses passagers ! Ce sera l’instauration dans ses bâtiments du chauffage à 19° contre 21° auparavant, l’extinction des enseignes lumineuses entre 20h et 7h du matin, l’extinction automatique des appareils électroniques (machines à café,  imprimantes…) On se demande bien pourquoi cet avionneur n’a pas pris plus tôt de telles mesures ?
Pour mobiliser le pays sur le front de la sobriété, le Ministre Clément Beaune, n’envisage nullement une réduction du trafic aérien, aussi :
- Les jets privés peuvent continuer leur petit jeu. Ils transportent 1% des voyageurs en avion causant 50 % des émissions globales de l’aviation civile 1 .
- Aucune taxe n’est envisagée sur le kérosène des avions, le seul carburant à ne pas l’être.
- La publicité d’Air France continuera à faire valoir des destinations pour satisfaire des voyages récréatifs de passagers. Bientôt fin novembre le Qatar pour assister à la Coupe du monde de football qui se déroulera dans un stade
sous air conditionné !
- L’armée de l’air peut continuer ses manœuvres sans que les émissions polluantes de ses avions n’entrent en compte dans les calculs des COP.

Pendant ce temps-là, le président Macron, au lieu de prendre au sérieux l’urgence climatique et sociale, met en place le 8 septembre le CNR (Conseil national de la refondation) alors qu’il s’est assis sur les mesures phares de la CCC (Convention citoyenne pour le climat 2 ) qu’il avait lui-même mis en place, après le Grand débat de 2019 ! On se demande à quoi a servi la CCR, et maintenant l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie 3 ) et le CESE (Conseil économique social et environnemental 4 ) dont les travaux préconisent des mesures pour une sobriété bien réelle, sobriété qui n’a rien à voir avec celle en trompe-œil du président Macron qui reste attaché à une croissance basée sur le productivisme.

François Vaillant

1 Le Parisien, 21 août 2022