Auteur

François Vaillant

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

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En 1909, un an avant la mort de Tolstoï, une correspondance profonde s’est constituée entre Gandhi et l’écrivain russe. Ces échanges basés sur la Lettre à un Hindou sont marqués par le respect et la bienveillance réciproques. François Vaillant résume cet échange extraordinaire en présentant des extraits des lettres les plus significatives qui contiennent aussi le « testament spirituel » de Tolstoï.

En 1909, Tolstoï reçoit une lettre d’un avocat hindou. Gandhi a 40 ans, Tolstoï 81. Pourquoi cette initiative de Gandhi ? Et pourquoi Tolstoï va-t-il entretenir une correspondance avec lui alors que l’écrivain d’Iasnaïa Poliana est déjà épuisé, de cette fatigue qui l’emporte déjà vers la mort ?

 

Une autre correspondance a été l’élément déclencheur pour celle entre Gandhi et Tolstoï. En 1908, le facteur apporte à Tolstoï une lettre d’un Hindou habitant aux États-Unis. Cet Hindou, T. Das, édite une revue révolutionnaire intitulée The free Hindustan où il explique que seul un bouleversement violent pourrait libérer l’Inde du joug britannique. Cet Hindou aimerait obtenir l’approbation de ses idées par Tolstoï. Il va au contraire recevoir une longue lettre de vingt pages dans laquelle Tolstoï répond magistralement quant au rôle immoral et inefficace de la violence. Cette longue lettre de Tolstoï à T. Das va être traduite puis polycopiée. Elle parvient un jour à Gandhi sous le titre Lettre à un Hindou 1.

 

L’Inde est loin d’être un continent inconnu pour Tolstoï. Il a lu (à sa façon) les Védas, la Baghavad gitâ, des écrits de Vivekananda… La Lettre à un Hindou de Tolstoï est un véritable traité de non-violence, contenu entre des citations de divers livres religieux. Or il est curieux d’apprendre que Gandhi a lu, quand il était étudiant à Londres, plusieurs livres de Tolstoï 2. C’est également à Londres que Gandhi se procure pour la première fois une Bible. Il s’y enlise dans les premiers livres de l’Ancien Testament, mais le Sermon sur la montagne va le marquer définitivement. On constate donc étrangement que Gandhi et Tolstoï ont de fait déjà une culture en partie commune quand ils s’écrivent. Rien n’y prédisposait, ni la géographie, ni la langue, ni la religion.

 

La première lettre de Gandhi à Tolstoï

Cette lettre datée du 1er octobre 1909 est écrite par Gandhi alors à Londres. Il vient d’y arriver pour tenter d’y rencontrer diverses autorités politiques. Peu avant, il a séjourné dans des prisons d’Afrique du Sud, suite à la campagne de désobéissance civile qu’il a lancée là-bas pour s’opposer à une loi britannique de 1907 qui contraint les Indiens à un contrôle policier humiliant et rend précaire leur droit de séjour.

Le temps est venu pour Gandhi de s’adresser à Tolstoï. Il pense d’une part que cet écrivain pourrait lui être utile pour faire connaître le mouvement de résistance non-violente qui se développe en Afrique du Sud — existe-t-il de par le monde une autorité morale aussi rayonnante ? — et, d’autre part, Gandhi sollicite de Tolstoï l’autorisation de faire imprimer à 20 000 exemplaires la Lettre à un Hindou pour être distribuée en Afrique du Sud. Gandhi souhaite qu’elle soit lue par ses compatriotes dont un grand nombre préfèrent la violence à la non-violence pour lutter contre le pouvoir colonial britannique. Gandhi sait ce qu’il fait en écrivant à Iasnaïa Poliana. Il a besoin maintenant de Tolstoï. Le disciple a besoin de son maître ;  une impressionnante amitié va naître.

 

Extrait :

1er octobre 1909

 

Monsieur,

 

Permettez-moi d’attirer votre attention sur les événements qui se sont déroulés au Transvaal, en Afrique du Sud, depuis près de trois ans. Il y a, dans ce pays, une colonie d’Indiens anglais qui forme une population d’environ treize mille habitants. Les lois privent de certains droits ces Hindous qui ont travaillé pendant plusieurs années au Transvaal : préjugés tenaces contre les hommes de couleur et même contre les Asiatiques, dus, en ce qui concerne ces derniers, au jeu de la concurrence commerciale.

Des conflits surgirent qui atteignirent leur point culminant lorsqu’une loi fut votée, il y a trois ans, qui touchait spécialement les travailleurs venus d’Asie. Je considère cette loi, et nous sommes nombreux à le penser, comme avilissante et faite pour frapper, dans leur dignité humaine, les êtres à qui elle s’attaque. […] Je suis venu à Londres en compagnie d’un ami afin de prendre contact avec les autorités impériales. Nous voulons leur exposer la situation et chercher avec elles le moyen de remédier à l’état des choses. […] Une dernière chose pour laquelle je prends la liberté d’abuser de votre temps. Une copie de votre lettre envoyée à un Hindou sur les troubles dans l’Inde m’a été montrée. De toute évidence, elle exprime vos conceptions.

Mon ami a l’intention de la faire imprimer, à ses frais, de la tirer à vingt mille exemplaires qu’il distribuerait, puis de s’occuper de sa traduction. Mais nous n’avons pu nous procurer l’original et n’avons pas le droit de publier cette lettre sans être sûrs de la précision du texte et du fait que vous en êtes bien l’auteur. À tout hasard, j’inclus, dans l’enveloppe, une copie de la copie que je possède. Et je considérerais comme une faveur que vous vouliez bien me répondre là-dessus : la lettre est-elle de vous ? La copie en est-elle exacte ? Acceptez-vous sa publication, sous la forme dont je viens de parler ? Si vous désirez ajouter quoi que ce soit à votre lettre, faites-le, je vous en prie. […]

 

Avec mes respects, je reste votre obéissant serviteur,

 M. K. Gandhi.

 

Cette lettre arrive à Iasnaïa Poliana une semaine après avoir été postée de Londres. Tolstoï répond par retour du courrier.

 

Réponse de Tolstoï à Gandhi

Extrait :

 

Le 7 octobre 1909

 

J’ai lu avec beaucoup de plaisir votre lettre si intéressante que je viens de recevoir. Que Dieu vienne en aide à nos frères, à vos chers collaborateurs du Transvaal. Nous menons, ici, la même lutte que vous, là-bas : celle de la douceur contre la grossièreté, de la mansuétude et de l’amour contre l’orgueil et la violence. […]

J’ai écrit cette Lettre à un Hindou et sa traduction me satisfait pleinement. On vous communiquera de Moscou le titre du livre sur Krishna. […] Je serais très heureux de pouvoir collaborer à l’édition que vous projetez. La traduction et la diffusion de ma lettre ne peuvent que m’être agréables.

Il ne peut être question de rémunération pécuniaire lorsqu’il s’agit d’un travail religieux. Je serais heureux de garder contact avec vous.

 

Avec mes salutations fraternelles.

Léon Tolstoï

 

Gandhi s’enflamme de joie en lisant cette réponse de Tolstoï. Elle est courte, certes, mais voici que Tolstoï, le célèbre écrivain, l’autorité morale qui fait trembler les puissants assis sur leurs trônes, répond, alors que lui, Gandhi, n’est qu’un illustre inconnu ! Pourquoi une réponse si rapide ? Il nous plaît à penser que Tolstoï a peut-être vu et compris que ce que lui écrivait Gandhi n’était pas tant de l’ordre d’un débat d’idées que de la concrétisation de sa « non-résistance au mal par la violence » dans des actions de non-coopération et de désobéissance civile. Tolstoï a bien vu et travaillé l’éthique de la non-violence, mais il ne fut jamais un meneur d’hommes lors d’actions non-violentes comme celles menées par Gandhi. Le vieux Tolstoï flairait-il alors qu’il répondait à celui qui ferait plus tard découvrir au monde entier l’action non-violente ? Cette pensée l’a-t-elle réjouit jusqu’aux entrailles, le consolant des tracas que des personnages de son entourage lui faisait subir chez lui ?

 

Troisième lettre de Gandhi à Tolstoï

La seconde lettre de Gandhi à Tolstoï, datée du 11 novembre, est longue 3. Gandhi écrit à Tolstoï, lui disant qu’il le sait souffrant. Il lui envoie cependant un ouvrage, de l’auteur Doke, qui raconte les actions non-violentes en Afrique du Sud, ces « luttes dans lesquelles, témoigne

Gandhi, je me suis si profondément engagé, et auxquelles j’ai voué mon existence ». Comme Gandhi n’obtient pas de réponse de Tolstoï, effectivement très fatigué à Iasnaïa Polania, il écrit une nouvelle lettre à Tolstoï, la troisième, le 4 avril 1910.

 

Texte intégral :

 

4 avril 1910

 

Cher Monsieur,

 

Peut-être vous souviendrez-vous que je vous ai écrit durant mon bref séjour à Londres ? C’est en modeste disciple que je vous adresse par le même courrier que cette lettre un livre dont je suis l’auteur.

Je l’avais écrit en langue gujarati et l’ai traduit moi-même. Il faut savoir que l’original a été saisi par le gouvernement hindou. Je me suis hâté d’en faire paraître la traduction. Je me sens confus de vous importuner, mais si votre santé vous le permet, et si vous avez le temps d’examiner mon ouvrage, inutile de vous dire que j’apprécierai hautement votre critique de mes pages.

Je vous envoie aussi quelques exemplaires de votre Lettre à un Hindou que vous m’aviez autorisé à publier. Cette lettre a été, elle aussi, traduite dans une des langues de l’Inde.

 

Votre humble serviteur.

M. K. Gandhi

 

Deuxième lettre de Tolstoï à Gandhi

Texte intégral :

 

Le 8 mai 1910

 

Cher Ami,

Je viens de recevoir votre lettre et votre livre Indian Home Rule. J’ai lu votre ouvrage avec un très vif intérêt, car je pense que le problème, dont vous traitez dans vos pages, est d’une importance capitale, non seulement pour l’Inde, mais pour l’humanité entière. Je ne retrouve pas votre première lettre (Ndr), mais j’ai lu avec passion votre biographie de Doke : elle m’a permis de mieux vous connaître et de vous comprendre. Encore en convalescence actuellement, je suis contraint de faire un effort pour ne pas vous écrire tout ce que j’avais à vous dire au sujet de ce livre et de toute votre activité que j’admire. Je le ferai dès que j’irai mieux.

Votre ami et votre frère.

Léon Tolstoï

 

Il s’agit de la seconde lettre de Gandhi à Tolstoï que celui-ci a égarée durant sa maladie. Cette lettre exprime avec finesse que Tolstoï et Gandhi se sont maintenant reconnus. Ils avancent sur le même chemin. Leur communion de pensée est immense. Au début de leur correspondance, Gandhi écrivait « Monsieur » à Tolstoï, il lui dit maintenant « Cher Monsieur ». En finale de lettre, Gandhi signe « Votre humble serviteur ». Et Tolstoï, tout penché sur sa plume écrit lentement à Gandhi « Votre ami et votre frère ». À la communion de pensée s’ajoute aussi maintenant l’affection. Gandhi va écrire une quatrième lettre à Tolstoï, le 15 août 1910, où il apprend à Tolstoï que son ami Kallenbach a baptisé sa ferme, près de Johannesburg, « Ferme Tostoï », et qu’elle est destinée à voir des chrétiens, juifs, musulmans et hindous vivre ensemble en communauté. Et Gandhi termine sa lettre par « Je demeure votre fidèle serviteur ».

 

Troisième et dernière lettre de Tolstoï à Gandhi

Tolstoï répond sans tarder à Gandhi, de Kotchety, la propriété de sa fille aînée. Cette dernière lettre de Tolstoï à Gandhi est plus qu’une lettre, elle est son testament concernant la non-violence. Comme dans une course de relais, Tolstoï donne le témoin à Gandhi, pour que la non-violence mûrisse et aille de victoire en victoire. Cette longue lettre est l’une des toutes dernières que Tolstoï a rédigées, lui qui a décidé un 28 octobre 1910 de fuir son habitation où il vivait avec sa femme Sophie et quelques-uns de leurs enfants et petits-enfants. Tolstoï meurt le 7 décembre 1910, à l’âge de 82 ans, dans une chambre de la maison du chef de la gare d’Astapovo, petite bourgade de paysans.

 

Extrait :

Kotchety, 7 septembre 1910

 

J’ai reçu votre revue Indian Opinion, éprouvant une grande joie à apprendre ce que l’on y écrit à propos des non-résistants au mal par la violence. Et je désire vous faire connaître les pensées que cette lecture provoque en moi.

Plus je vis et plus je veux — la mort approchant — faire connaître à autrui mes sentiments les plus profonds. Il s’agit de ce qui pour moi, prend une importance immense — de ce qu’on appelle la « non-résistance ». En réalité, cette non-résistance n’est rien d’autre que l’enseignement de l’amour, non faussé par des interprétations mensongères. L’amour — c’est-à-dire l’aspiration vers l’harmonie des âmes humaines et l’action qui résulte de cette aspiration dite l’amour — est la loi supérieure, unique de la vie humaine. Tout homme le sait pour l’avoir senti au plus profond de son âme — nous le percevons si nettement chez les enfants — tout homme le sait jusqu’au jour où le mensonge de tous les enseignements, du monde jette dans la confusion ses idées. Cette loi fut proclamée par tous les Sages de l’univers, aussi bien par ceux de l’Inde et de la Chine que par ceux de l’Europe, Grecs et Romains. Et je pense qu’elle a été très clairement exprimée par le Christ lorsqu’il dit : « Elle seule contient toute la loi et les prophètes. »

[…] En réalité, aussitôt que la résistance (violente, Ndr) a été admise aux côtés de l’amour, celui-ci a disparu, ne pouvant plus exister comme loi première de la vie. Et, sans la loi de l’amour, il ne pouvait plus y avoir que celle de la violence, c’est-à-dire du droit du plus fort. L’humanité chrétienne a vécu ainsi durant dix-neuf siècles. Il est vrai que, de tous temps, les hommes se laissèrent aller à la violence pour organiser leur vie. Mais la différence entre les peuples chrétiens et tous les autres réside dans le double fait suivant : la loi d’amour, dans le monde chrétien, a été formulée avec une clarté, une précision dont ne jouit aucun autre enseignement religieux et les fils du monde chrétien ont accepté cette loi, tout en se permettant la violence. De plus, comme ils fondèrent leur vie sur cette violence, l’existence entière des peuples chrétiens ne représente qu’une absolue contradiction entre ce qu’ils prêchent et la base sur laquelle ils construisent leur vie. Contradiction entre l’amour, admis comme loi première, et la violence, reconnue comme nécessité sous toutes ses formes : autorité des gouvernants, des tribunaux, de l’armée, auxquels on se soumet et dont on vante les mérites.

Cette contradiction n’a cessé de grandir avec le développement des chrétiens pour atteindre, ces derniers temps, son plus haut degré. Le problème, aujourd’hui, est le suivant, avec cette alternative : ou bien comprendre que nous rejetons tout enseignement moral et religieux et que notre vie se construit uniquement sur le pouvoir du plus fort, ou bien que notre devoir est de supprimer notre régime bâti sur la violence, avec ses impôts, ses institutions juridiques et policières et, avant tout, ses armées. […]

Oui. Nous pouvons parler, dans nos journaux, des progrès de l’aviation, des relations diplomatiques complexes, de différents clubs, de découvertes, d’alliances de tous genres, d’œuvres que l’on qualifie d’artistiques et taire la réponse de cette jeune fille. Mais il est impossible tout de même de la passer sous silence, car toute créature appartenant au monde chrétien sent, plus ou moins confusément, la vérité de cette réponse. Le socialisme, le communisme, l’anarchisme, l’Armée du Salut, la criminalité qui augmente, le chômage, le luxe grandissant et insensé des riches, la misère des pauvres, le nombre croissant des suicides — tout manifeste, tout témoigne que cette contradiction intérieure doit être résolue et ne peut y parvenir. Quant à la solution, il n’y en a qu’une, celle de la reconnaissance de la loi d’amour et du refus de toute violence.

C’est pourquoi votre activité au Transvaal, pays qui semble être aux confins de la terre, est une réalisation centrale, l’accomplissement le plus important parmi tous ceux qui ont actuellement lieu dans le monde. Et les peuples chrétiens ne seront pas les seuls à y participer — toutes les nations y prendront part. […]

La pratique du christianisme, même sous l’aspect perverti qu’il a pris chez les peuples chrétiens et la reconnaissance simultanée de l’existence nécessaire des armées, des armements en vue des meurtres commis sur l’échelle la plus vaste en temps de guerre, représentent, je le répète, une contradiction terriblement criante, flagrante. Si criante que, tôt ou tard et probablement bientôt, elle sera reconnue de tous. Alors les hommes se verront obligés ou à renoncer à la religion chrétienne nécessaire pour le maintien des autorités, ou à en finir avec l’entretien des armées et des violences qu’elles soutiennent — ces dernières étant aussi nécessaires aux gouvernements.

Les gouvernements connaissent cette contradiction aussi bien le vôtre — l’anglais - que le nôtre. Mais il s’agit de l’instinct de conservation. C’est pourquoi la lutte contre la violence est poursuivie plus énergiquement que toute autre activité antigouvernementale par les pouvoirs, russe et anglais — nous le voyons en Russie, et nous l’apprenons par les articles de votre revue. Ces gouvernements savent où réside la menace la plus grave qui puisse les atteindre, leur surveillance est vigilante, car il s’agit, pour eux, non seulement de leurs intérêts, mais d’être ou de ne pas être.

Avec ma très profonde estime, Léon Tolstoï.

 

Ainsi s’achève l’étonnante et si émouvante correspondance entre Tolstoï et Gandhi. En écrivant à Tolstoï pour la première fois en 1909, Gandhi cherchait une aide et une reconnaissance auprès de celui qui incarnait le mieux la conscience morale de son époque. Un an plus tard, Gandhi est désigné par Tolstoï comme celui dont « l’activité au Transvaal […] est […] l’accomplissement le plus important parmi tous ceux qui ont actuellement lieu dans le monde ». En lisant cette dernière lettre de Tolstoï, comme l’écrit Romain Rolland (Vie de Tolstoï, Hachette, 9e édition, 1924, p. 214), « le jeune Indien Gandhi recevait de Tolstoï mourant cette sainte lumière que le vieil apôtre russe avait couvée en lui, réchauffée de son amour, nourrie de sa douleur ; et il en faisait le flambeau qui a illuminé l’Inde. La réverbération en a touché toutes les parties de la terre. »

 

De l’Abbé Pierre

Tolstoï et Gandhi […]. Par le meilleur d’eux-mêmes, ces deux parmi nos frères, que sont-ils d’autre que l’un des échos qui sans cesse répètent au long des siècles les paroles qui sauvent ce qui, en ce monde, n’est pas obstinément perdu.

Extrait de la préface de l’Abbé Pierre du livre Gandhi et Tolstoï de Alexandre Kaplan, Nancy, 1949.

 

1) La Lettre à un Hindou est datée par Tolstoï du 14 décembre 1908. La revue Alternatives non-violentes a publiée en 1993, dans le numéro 89 « Du nouveau sur Tolstoï », pp. 44-63, l’intégralité de la Lettre à un Hindou et l’ensemble de la correspondance entre Gandhi et Tolstoï. Le n° 89 d’ANV est épuisé. Il n’est consultable qu’en bibliothèque. La correspondance complète entre Gandhi et Tolstoï est cependant accessible sur Internet, parce qu’un ami d’ANV a tenu à la numériser. Pour accéder à cette correspondance, il suffit d’écrire sur un moteur de recherche les mots « correspondance gandhi tolstoï ». Nous tenons encore à dire combien le comte Serge Tolstoï, petit-fils de l’écrivain, nous a aidés pour vérifier la traduction de cette correspondance.

2) Gandhi écrit en 1910 dans son opuscule Indian Home Rule (la loi de l’autonomie de l’Inde) combien il partage les points de vue que Tolstoï exprime dans Le Royaume des cieux est en vous, Que Faire ?, L’esclavage moderne, Où est l’issue ?

3) Rappel : la correspondance complète entre Gandhi et Tolstoï peut être facilement consultée. Voir ici la note 1.


Article écrit par François Vaillant.

Article paru dans le numéro 153 d’Alternatives non-violentes.