Auteur

François Vaillant

Année de publication

2002

Cet article est paru dans

122.jpg

ÉLe peuple palestinien torturé, comme le score du Front national aux élections, nous préoccupent. Nous n’en parlons pas ici. Nous le regrettons, mais ANV ne peut pas traiter à chaud de l’actualité immédiate car cette revue est trimestrielle. Chacun des numéros est préparé six ou neuf mois à l’avance. Ce qui ne nous empêche nulle- ment de revenir souvent sur des événements, pour les analyser et le comprendre à la lumière de la problématique violence/non-violence.

L’essentiel de ce numéro est consacré à l’aïkido, souvent prisé par des partisans de la non-violence. L’aïkido se distingue des autres arts martiaux au sens où il n’est pas directement issu de traditions guerrières. Le constat étonne. Nous voici avec une discipline sportive du corps et de l’esprit qui ignore la compétition, qui cherche avant tout à libérer son adversaire de son agressivité maligne, pour tenter avec lui la rencontre de deux visages, de deux êtres. Oui, l’aïkido est un art non-violent qui mérite d’être mieux connu, à une époque où certains s’imaginent que le meilleur moyen de se défendre dans la rue est de porter une arme sur soi. Croyez-nous, ce n’est pas un hasard si le fon- dateur de l’aïkido figure sur l’affiche des « Cent dates de la non-violence au XXe siècle ».

Ce numéro comporte toutefois deux articles en lien avec l’actualité ! Alors que le football connaît son Mondial, il est temps de décrypter la violence cachée et ouverte de certains sports. Et le Pays Basque, vous en avez entendu parler en cette période électorale ? Voici précisément un article sur les actions non-violentes pratiquées par de jeunes Basques, pour sortir leur pays de l’impasse jacobine. Les « Démo », c’est le nom de ces militants, agissent avec une stratégie non-violente étonnante. La reconnaissance et le soutien, qu’ils sont en train d’obtenir dans la popula- tion basque, sont à l’inverse de celles de l’ETA, empêtré dans les contradictions de la violence. Les « Démo » n’ont pas fini d’étonner par leurs actions directes non-violentes et leurs résultats sur le plan politique.


Pour débusquer la violence et se lancer dans l'action non-violent, petite ou grande, il faut de la réflexion et des acteurs. Une nouvelle génération d'hommes et de femmes est en train de naître. Nous le constatons à ANV. Beaucoup de nos premiers abonnés ne se réabonnent pas, car, écrivent-ils leur vue ne leur permet plus de lire, d'autres meurent ! Ces amis ont souvent connu la Résistance, le combat des objecteurs au moment de la guerre d'Algèrie, la belle aventure du Larzac, la lutte contre les euromissiles... Or, dans le même temps nous accueillons - avec joie et empressement ! — de nouveaux abonnés. Des indices précisent qu’ils ont souvent moins de trente, trente-cinq ans. Une génération passe actuellement le flam- beau de la non-violence à une autre, un peu comme Tolstoï l’avait transmis à Gandhi. Ce phénomène est bien l’œuvre de chacun des abonnés à ANV. Les uns ne seraient rien sans les autres. Merci à tous pour votre fidélité et votre soutien !

François VAILLANT

 


Article écrit par François Vaillant.

Article paru dans le numéro 122 d’Alternatives non-violentes.