Auteur

François Vaillant

Année de publication

2003

Cet article est paru dans

128.png

Aucun sujet ne suscite autant de passions que le conflit israélo-palestinien, surtout en France, et surtout avec l’arrivée de la politique meurtrière d’Ariel Sharon et les attentats terroristes de Palestiniens. Il n’en demeure pas moins que les Israéliens ne seront libres que lorsque les Palestiniens le seront.

Une violence peut se comprendre, en aucun cas elle n’est admissible. Nous n’avons jamais cru à ANV qu’il faut extirper une violence par une autre
violence. Tous les actes de violence n’ont pas la même portée, mais chacun peut entraîner un esprit de vengeance qui à son tour peut inciter à commettre une autre violence. La liste des victimes est affreusement longue dans ce conflit international qui dure depuis 1948 — le plus long de l’histoire moderne ! Qui pourrait oublier les attentats sionistes de 1948, puis les expulsions de Palestiniens de leurs villages, les prises d’otages d’Israéliens dans des avions au cours des années 1970, la multiplication des colonies juives dans les territoires occupés, puis maintenant les attentats de kamikazes palestiniens en Israël, avec, en réponse immédiate, les raids meurtriers de l’armée israélienne, les scandaleuses destructions de maisons en Cisjordanie et à Gaza, l’odieuse construction d’un « mur »... ? Bientôt une guerre civile au couteau ? Le seul gagnant est pour le moment la violence, avec son cortège de morts, d’humiliations et d’insécurité. Les Israéliens ne seront libres que lorsque les Palestiniens le seront.

page4image416Mais au milieu de ce tohu-bohu, des voix s’élèvent, des hommes et des femmes agissent, tant en Israël qu’en Palestine. Ils sont comme la nouvelle conscience de leurs peuples respectifs. La non-violence est leur force morale et politique, l’action leur honneur. Plusieurs articles sont ici consacrés à ces sans-grade qui annoncent déjà la coexistence de deux États, l’un dans les frontières d’avant 1967, l’autre en Cisjordanie et Gaza. Les Israéliens seront libres lorsque les Palestiniens le seront, car il n’y a pas de liberté sans justice.

Derrière ceux qui gouvernent les États, il y a des peuples. À y voir de plus près, des raisons d’espérer émanent aussi bien de la société israélienne que de la société palestinienne. Chacune est abasourdie quand une violence tue de ses membres. Quand les cercueils s’alignent, les artisans de paix de ces deux sociétés sont cloués au mutisme, divaguant eux-mêmes, aux prises avec l’esprit de revanche compréhensible et le désir de garder la raison. Disons-le franchement, chaque attentat terroriste du Hamas ou du Jihad islamique est le meilleur allié du gouvernement Sharon qui sait s’appuyer sur une telle violence pour légitimer les siennes à venir. C’est un expert en la matière.

La rédaction d’ANV tient à remercier chaque auteur pour la contribution qu’il apporte. Nos remerciements vont tout particulièment à Corinne Grassi, notre personne-ressource pour ce numéro, dont les compétences et la ténacité nous ont permis d’avancer sans trébucher. Nous remercions égale- ment chaleureusement Justice et Paix France qui nous a fourni plusieurs documents traduits de l’hébreu et de l’anglais.

Comme chacun(e) peut le constater, ANV a rajeuni sa maquette, ce qui n’avait pas été entrepris depuis 1992 ! Plus lisible, mieux présentée, cette nouvelle maquette veut témoigner du dynamisme du comité de rédaction d’Alternatives non violentes.

François VAILLANT


Article écrit par François Vaillant.

Article paru dans le numéro 128 d’Alternatives non-violentes.