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2005

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1973

Trente ans de réflexions fondamentales, au service de l’engagement

1973

Trente ans de réflexions fondamentales, au service de l’engagement

La fidélité au projet d’origine

C’est en 1973 que naît la revue Alternatives non-violentes (ANV), à Lyon, avec entre autres Christian Delorme, Georges Didier, Christian Brunier, puis Christian Mellon. Dès son début, ANV cherche à être une revue de recherches et de débats sur la non-violence indépendan- te de tout mouvement, Église, syndicat ou parti. Le besoin d’approfondir les assises théoriques, éthiques et politiques de l’action non-violente est à l’origine du projet éditorial.

Une attention est portée dès le départ à la prise en compte de la diversité des positions politiques, et à la critique émanant d’acteurs et d’intellectuels ne partageant pas les convictions non-violentes. La défense, le syndicalisme, l’écologie, l’économie, l’éducation font l’objet, parmi d’autres, des premiers dossiers d’ANV.

À partir des années 1980, en raison des évolu- tions de la société, la « couleur « de la revue change pour se dégager partiellement de l’esprit militant propre aux années 1970. Christian Mellon et Jacques Sémelin en deviennent rédacteurs en chef, succédant à Christian Delorme. Comme l’ensemble des organisations non-vio- lentes et militantes en général, la revue connaît alors un certain déclin du nombre d’abonnés. En 1989, le poste de rédacteur en chef est confié à François Vaillant, poste qu’il occupe toujours. Deux dessinateurs bénévoles, Altho et Lécroart, se mettent alors à illustrer agréablement la revue. Louis Duvert poursuit son fabuleux travail de correction des épreuves. La maquette de la revue est totalement rajeunie en 2004 grâce au graphiste Patrick Lescure et à Patrice Bouveret.

Ce qui frappe d’emblée est la fidélité de la revue aux orientations de ses origines. C’est bien le même esprit qui relie les premiers numéros à ceux qui parais- sent actuellement, à travers les inévitables adaptations aux évolutions sociétales qui ont marqué les trois pre- mières décennies d’existence de cette revue de recherches unique en son genre.

Une revue de référence sur la non-violence

Alternatives non-violentes propose chaque trimestre, depuis sa création, un dossier sur un thème relatif à la non-violence. Le dossier est composé d’articles apportant des éclairages variés sur le sujet. Des informations ou articles sur un thème d’actualité sont intégrées à la revue en plus du dossier, ainsi que des recensions de livres.

Dès sa création, la revue s’est imposée comme une référence intellectuelle sur le thème de la non-violence. Elle jouit d’une reconnaissance comme lieu de réflexion fondamentale sur les diverses formes de vio- lences personnelles, sociales, politiques ou économiques et sur les alternatives non-violentes à celles-ci.

C’est en grande partie la qualité des contributions qui assure dès le départ cette reconnaissance. Dès les premiers numéros, des intellectuels renommés tels que Paul Virilio, des militants tels que Jean Van Lierde ou Jacques de Bollardière, apportent des contributions à la revue.

Plus récemment, on a pu y lire des contributions d’acteurs sociopolitiques tels que Stéphane Hessel, Michel Rocard, Élisabeth Badinter ou José Bové. Outre ces auteurs de renom, la volonté de l’équipe d’ANV est de faire une place également importante à des praticiens et à de jeunes chercheurs moins connus. Alternatives non-vio- lentes a su, au fil des années, se hisser au rang des revues qui disposent d’une réelle estime intellectuelle. La revue dispose cependant d’une diffusion trop limitée, malgré des tirages dépassant parfois les trois mille exemplaires.

Ces dernières années, ANV a notamment publié des dossiers sur les thèmes suivants : les sanctions édu- catives, le bouddhisme source de non-violence, l’inter- vention civile de paix, les violences contre les personnes âgées, anarchisme et non-violence, la philosophie de la non-violence... On peut dire qu’ANV porte un projet origi- nal qui a fait la preuve de sa pertinence et de son utilité à travers la diffusion de plus de cent trente numéros tri- mestriels, sans interruption.

Une structure légère mais efficace

La revue est portée par une équipe chargée de son élaboration, de sa diffusion et de son orientation. Elle fait appel à une structure très « légère », n’employant qu’un salarié à mi-temps, son rédacteur en chef François Vaillant. Le reste des personnes impliquées dans son fonctionne- ment et son animation est constitué de bénévoles.

Pratiquement, c’est le rédacteur en chef qui assume la réalisation pratique de la revue en contactant des auteurs, en récoltant leurs textes, en élaborant la maquette, en rédigeant souvent l’éditorial et des recen- sions de livres, en effectuant le suivi de l’impression de la revue, en organisant sa diffusion et son financement. C’est lui qui tient la responsabilité d’assurer le respect des délais nécessaires à la réalisation de la revue. Le trésorier, François Marchand, a la tâche de veiller à la bonne gestion de la revue.

Les membres du Comité d’orientation, quant à eux, apportent un regard pluridisciplinaire sur chaque thème en projet; ils constituent une force de proposition pour les orientations générales ou pour le choix des auteurs d’articles. Ils garantissent, de part leur diversité d’horizons universitaires ou professionnels (politologue, philosophe, théologien, sociologue, psychologue clini- cien, journaliste, historien, ingénieur ), une ouverture de la revue aux divers apports des sciences humaines. Les membres du Comité d’Orientation sont mis régulière- ment à contribution pour rédiger des articles.

Le Conseil d’administration, dont les membres sont élus par le Comité d’orientation, est chargé de définir les orientations éditoriales et budgétaires.

Un partenariat privilégié avec l’IRNC

La revue ANV est associée à l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits (IRNC), dans la perspective d’une meilleure synergie entre ces deux pôles de la recherche théorique sur la non-violence.

 

Cette association permet aux travaux effectués par l’IRNC d’être publiés dans la revue, et à celle-ci de profiter des dernières avancées de la recherche sur le thème des violences et de leurs alternatives. Ce partena- riat a débouché sur plusieurs publications communes au nombre desquelles le Lexique de la non-violence publié par Jean-Marie Muller en 1988, ou plus récemment les actes du colloque sur l’Intervention civile de paix qui s’est tenu à l’Assemblée nationale en 2001. ANV et l’IRNC animent un site Internet en commun. Cette coopération se fait dans le respect de l’indépendance financière et éditoriale de la revue.

Au final, on peut estimer que la revueAlternatives non-violentes, malgré une structure très légère et des difficultés récurrentes de financement (elle est soutenue depuis 1995 par la Fondation un monde par tous, et maintenant par Non-Violence XXI), joue un rôle essentiel parmi les mouvements et acteurs engagés pour la non-violence en France et dans le monde francophone. Elle est un lieu unique de réflexions sur la non-violence permettant de nourrir ces engagements et de prendre du recul sur les expériences, ainsi que de confronter celles- ci aux défis des violences humaines, socio-économiques ou politiques.

L’un des défis pour ANV est cependant de s’ouvoir  à un public plus large débordant les seuls milieux militants et intellectuels habituellement intéressés par la non-violence. L’affiche des « Cent dates de la non-violen- ce au XXe siècle » a donné lieu à une large diffusion allant dans ce sens. Un quatrième retirage à trois mille exemplaires est envisagé en 2005.

Un large « pouvoir de convocation »

La majorité des contributions écrites dans ANV sont apportées par des chercheurs, des praticiens et des militants engagés dans une réflexion ou une action proprement non-violentes, faisant partager les réflexions issues de leurs pratiques ou de leurs tra- vaux universitaires.

Mais toute l’originalité et tout l’intérêt de la revue est de proposer des contributions de personna- lités, de chercheurs qui ne partagent pas l’option en faveur de la non-violence, afin d’ouvrir la réflexion par le regard extérieur de spécialistes et de praticiens sur chaque thème développé. Cette démarche garantit autant que possible un traitement pertinent de chaque sujet. Philosophes, universitaires, responsables syndi- caux ou politiques apportent un regard différent sur des thèmes liés aux alternatives non-violentes, faisant d’ANV un lieu de débats et de croisement d’une pluralité d’opinions et de perspectives.

Ce double apport permet à la revue d’avoir un regard complémentaire et croisé — recherche universitaire et savoirs issus de la pratique — sur chaque thème abordé. ■

CARTE D’IDENTITÉ

Alternatives non-violentes

Revue trimestrielle fondée en 1973. Association loi 1901.

Coordonnées :
Alternatives non-violentes
Centre 308
82, rue Jeanne-d’Arc, 76000 Rouen

Tél. + Fax : 02 35 75 23 44 anv.revue@wanadoo.fr site : www.irnc.org

 


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Article paru dans le numéro 134 d’Alternatives non-violentes.