Auteur

François Vaillant

Localisation

Afghanistan

Année de publication

2008

Cet article est paru dans

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Nous sommes le 4 avril 1968, il y a donc quarante ans. Les bombardiers américains lâchent leurs bombes sur les villes et villages du Vietnam du Nord. L’odeur du napalm est partout. Les GI’s, au sol, traquent l’ennemi communiste qu’ils voient partout, brûlent sur ordre les maisons et les récoltes, menottent et abattent d’une balle de revolver d’innombrables civils. L’armée qui commet ces crimes a une très forte proportion de Noirs dans ses rangs. Depuis un an, depuis le 4 avril 1967 très précisément, une voix s’élève contre cette guerre au Vietnam. C’est celle de Martin Luther King, prix Nobel de la paix. Bien peu d’Américains partagent alors ses vues. King devient pour beaucoup un homme de plus en plus dangereux. Alors le coup de feu claque ! Ils l’ont assassiné ce 4 avril 1968, à 18 h 08, heure locale, à Memphis, dans le Tennessee. Ils ont déjà tué Jaurès en 1914, Gandhi en 1948. Ils continueront avec Yitzhak Rabin en 1995, et tant d’autres moins connus.

L’assassin de Martin Luther King était-il à la solde du FBI ? Les historiens n’ont toujours aucune preuve, mais une chose est certaine, cette institution « est certainement responsable », comme l’écrit fort justement Marie-Agnès Combesque[1], de l’atmosphère de violence qui s’est progressivement installée autour du personnage ; violence psychologique pour casser un homme, le porte-parole du mouvement des droits civiques ; violence physique aggravée par une quantité d’informations distillées par le Bureau à la presse. Par exemple, le 3 avril 1968, l’adresse de son hôtel à Memphis est diffusée par la radio, sur information du FBI, ainsi que le numéro de sa chambre : « Lorraine Motel, chambre 308 ». L’assassin de King n’avait plus qu’à s’avancer vers ce Lorraine Motel. Ils ont tué Jaurès, Gandhi, King, Rabin…, c’est toujours la même histoire !

 

[1] Marie Agnès Combesque, Martin Luther King Jr. Un homme et son rêve, Paris, Le Félin, 2005, p. 27.


Article écrit par François Vaillant.

Article paru dans le numéro 146 d’Alternatives non-violentes.