Auteur

François Vaillant

Localisation

Afghanistan

Année de publication

2014

Cet article est paru dans

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Que celui qui n’a jamais eu envie de se venger sur quelqu’un se lève ! Le désir de vengeance vient sans crier gare chez la personne qui s’estime déshonorée, piétinée, spoliée… Ce désir naît d’un vécu d’anéantissement dont la cause est imputée à quelqu’un de précis. Il existe des vengeances déclarées, mais elles sont le plus souvent sournoises, préméditées, et parfois bel et bien mortelles.

Qu’on le veuille ou non, le désir de vengeance exprime une volonté de réparation, mais le problème est que cette « réparation » dépasse de beaucoup celle que la justice pourrait prescrire. La volonté de nuire sur son oppresseur s’avoue ou non ; le résultat est cependant le même : l’acte du vengeur ne répare rien du tout. À une première violence vient seulement s’ajouter une autre violence.

La vengeance est un plat qui se mange froid, dit un proverbe. Pour le vengeur, les représailles les plus réjouissantes s’exécutent un certain temps après l’affront. Il peut ainsi les préparer avec soin pour qu’elles frappent son adversaire au dépourvu. Ce numéro d’ANV a été préparé à froid, mais il ne vise personne. Ouf ! En débusquant l’esprit de vengeance qui peut toujours advenir dans une vie, c’est avant tout la violence que nous avons voulu pister, pour mieux savoir la refuser.

Des dictons et proverbes en disent long sur le désir de vengeance qui peut chacun nous étreindre :

Tu vas me le payer.

Je vais te régler tes comptes.

Tu ne perds rien pour attendre.

Tu ne t’en sortiras pas comme ça.

Quand il n’y a plus de solution, reste la vengeance.

Quand le déshonneur est public, il faut que la vengeance le soit aussi.

Le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance.

Rira bien qui rira le dernier.

Heureusement que d’autres dictons et proverbes peuvent nous rassurer sur la nature humaine :

Ma vengeance sera le pardon.

La satisfaction qu’on tire de la vengeance ne dure qu’un moment, celle que nous donne la clémence est éternelle.

Il est préférable de guérir l’offense plutôt que de la venger.

L’eau de pluie ne reste pas sur les montagnes, ni la vengeance sur un grand cœur.

Il vaut mieux soigner ses blessures que de les venger.

Renoncer à se venger ne va cependant jamais de soi. Mais des voies existent, nous renseignent plusieurs articles de ce numéro. Il est en effet bon et utile de percevoir que, face au désir de vengeance, l’esprit de non-violence peut être vainqueur, à chaud comme à froid.


Article écrit par François Vaillant.

Article paru dans le numéro 150 d’Alternatives non-violentes.