L’argument est désormais connu, tant il revient à chaque intervention militaire : frapper aujourd’hui pour éviter un mal plus grand demain. Cette rhétorique de la nécessité (contrer une menace militaire, empêcher la prolifération nucléaire, assurer la sécurité, etc.) permet de justifier toutes les guerres. Elle se fait, en réalité, contre le peuple iranien. [Lire ici la suite]
On nous dit que frapper l’Iran, décapiter les centres de décision du régime, aboutira à la chute du régime des mollahs et ouvrira mécaniquement un espace démocratique. A-t-on oublié que les interventions en Irak en 2003 et en Lybie en 2011 n’ont pas accouché de démocraties stables ? Bien au contraire, elles ont entraîné l’effondrement de l’État et un chaos durable dont ces sociétés ne se sont pas encore relevées.
On ne démocratise pas un pays par la destruction de ses infrastructures stratégiques. L’histoire le montre, les transitions politiques imposées de l’extérieur produisent le plus souvent du vide et le vide profite aux acteurs les plus armés, non aux forces civiques. La démocratie ne s’exporte pas par missiles. Elle s’élabore de l’intérieur, par des dynamiques sociales, culturelles et politiques endogènes. Le peuple iranien est le seul sujet possible d’une transformation démocratique. Lui seul peut se libérer des chaînes qui l’oppriment depuis des décennies. [Lire ici la suite sur le blog d’Alain Refalo « Chemins de non-violence ».
Alain Refalo, rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes.