Le 14 août dernier, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré attendre qu’« au moins 30 000 occupants soient éliminés » au cours du mois d’août. Quelques jours auparavant, il s’était félicité que 30 272 soldats russes aient été mis hors de combat en juillet par les seuls drones ukrainiens. Ce chiffre, précisait-il, incluait les morts et les blessés graves et ne retenait que les cas attestés par des images. [Lire ici la suite]
Au début de l’année, le ministre ukrainien de la Défense avait fixé un objectif encore plus effrayant : parvenir à « éliminer » 50 000 soldats russes chaque mois. Certes, il ne s’agit pas nécessairement de 30 000 morts, mais de soldats tués ou grièvement blessés, rendus incapables de poursuivre le combat. Cette précision indispensable ne suffit pourtant pas à dissiper l’effroi.
Trente mille hommes « neutralisés » en un mois. Trente mille vies transformées en objectif militaire et en indicateur de performance. Le mot lui-même semble choisi pour rendre supportable ce qui ne devrait jamais le devenir. On neutralise un dispositif ou une menace ; appliqué à des êtres humains, le terme commence par les faire disparaître du langage avant de les faire disparaître du monde.
Cliquer ici pour lire l’intégralité de cet article sur le blog d’Alain Refalo, rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes